Diversité sociale et cohésion en Suisse: différences régionales

L’essentiel en bref

Dans tous les types d’espaces, la part des personnes âgées augmente, sauf dans les grandes villes. Dans les communes rurales, le travail bénévole est particulièrement répandu. Voilà deux constats sur la diversité et la cohésion dans les types d’espaces de la Suisse.

  • La Suisse et ses types d’espaces se caractérisent par une grande diversité sociale. La diversité est une notion large qui se manifeste à travers différentes dimensions. Le présent article, rédigé dans le cadre du baromètre DCT du SECO et de l’ARE, met en lumière trois dimensions qui se prêtent particulièrement bien à une analyse fondée sur des données publiques: la structure par âge, le niveau de formation et le plurilinguisme. 
  • La structure par âge diffère selon les types d’espaces: les communes et centres ruraux comptent davantage de personnes de plus de 65 ans que les autres types d’espaces. Une forte proportion de personnes âgées s’accompagne de défis, par exemple en matière de soins de santé, d’accompagnement, de logement ou d’infrastructures. La diversité se traduit ainsi aussi par des défis qui diffèrent d’un territoire à l’autre. 
  • En matière de niveau de formation, la diversité se manifeste par une forte proportion de personnes titulaires d’un diplôme du degré tertiaire dans les grandes villes et par une forte proportion de personnes titulaires d’un diplôme du degré secondaire II dans les communes et centres ruraux. L’article montre également que la diversité au sein des types d’espaces est tout aussi grande qu’entre les types d’espaces: les centres des grandes villes comptent ainsi nettement plus de personnes diplômées d’une haute école que leurs banlieues. 
  • C’est précisément parce que la société est si diverse en Suisse et dans ses types d’espaces, et qu’elle fait face à des évolutions et à des défis variés, que la cohésion revêt une importance d’autant plus grande. Le taux de participation aux votations reflète la participation politique. Il est plus élevé tantôt dans les grandes villes et les villes, tantôt dans les communes périurbaines, tantôt dans les centres et communes ruraux. Le travail bénévole contribue lui aussi à la cohésion. Dans les communes rurales, une part particulièrement élevée de la population effectue du travail bénévole (50 %).

Contexte

La diversité fait partie de la Suisse: des langues, des cultures et des générations différentes façonnent le pays et tous ses types d’espaces. Cette diversité n’est pas seulement une caractéristique de la société suisse, mais aussi un fondement important de l’innovation et des échanges. Elle peut représenter une chance, mais aussi un défi pour la cohésion sociale. Dans le cadre de la politique des agglomérations (AggloPol) et de la politique pour les espaces ruraux et les régions de montagne (PERM), le Conseil fédéral a défini le renforcement de la diversité sociale et de la cohésion des régions comme l’un des cinq objectifs d’un développement cohérent du territoire (DCT) (voir le rapport du Conseil fédéral).

La diversité est une notion large. Comment la mesurer? Elle se manifeste par exemple dans l’âge, le niveau de formation, la langue, l’origine, le mode de vie ou la culture. Toutes les dimensions ne se prêtent pas aussi bien à une mesure statistique. C’est encore plus vrai pour la cohésion. Le présent article, rédigé dans le cadre du baromètre DCT du SECO et de l’ARE, met donc en lumière trois dimensions de la diversité sociale qui se prêtent particulièrement bien à une analyse fondée sur des données régionales: la structure par âge de la population, le niveau de formation et le plurilinguisme. Il apparaît ainsi que la diversité n’existe pas seulement entre les différents types d’espaces, mais qu’elle se manifeste souvent aussi au sein d’un même type d’espace ou d’une même commune. La cohésion est illustrée par l’ampleur du travail bénévole et par le taux de participation aux votations. Le travail bénévole joue également un rôle important dans le thème prioritaire «Co-créer des offres de services locaux» des Projets-modèles pour un développement territorial durable 2025-2030 de la Confédération. Le travail bénévole contribue à préserver les offres locales, les traditions et les réseaux. Il renforce ainsi la vitalité des régions et la cohésion sociale.

Encadré: les Projets-modèles pour un développement territorial durable

Avec les Projets-modèles pour un développement territorial durable, la Confédération soutient des actrices et acteurs locaux, régionaux et cantonaux qui cherchent à résoudre des problèmes actuels au moyen de nouvelles méthodes. L’Office fédéral du développement territorial (ARE) en assure la direction. Six thèmes prioritaires ont été définis pour la période de 2025 à 2030. Dans ce cadre, des projets bénéficient d’un soutien financier et technique. Plus d’informations sur les Projets-modèles pour un développement territorial durable.


Diversité démographique: la Suisse vieillit, sauf dans les grandes villes

Une société où les âges se côtoient est une société diverse. Les enfants et les jeunes, les personnes en âge de travailler et les personnes âgées apportent à la société des expériences et des besoins différents. Les rencontres et les échanges entre jeunes et aînés enrichissent la vie en commun, mais comportent aussi des défis.

La structure par âge de la population évolue: la population suisse vieillit. Cette évolution apparaît particulièrement bien à travers le rapport de dépendance des personnes âgées, qui mesure la part des personnes de 65 ans ou plus (voir l’encadré pour une définition plus précise). En seulement 14 ans, entre 2010 et 2024, ce rapport est passé de 28 % à 33 %. Cette évolution est particulièrement marquée dans les communes rurales et les centres ruraux, où le vieillissement démographique progresse plus rapidement que dans les autres types d’espaces. Cela place les communes face à des défis, notamment dans les domaines des soins de santé, de l’accompagnement, du logement ou des infrastructures. Seul le type d’espace «Grandes villes» affiche un rapport de dépendance des personnes âgées stable.

Encadré: rapport de dépendance des personnes âgées et rapport de dépendance des jeunes

  • Le rapport de dépendance des personnes âgées indique le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus pour 100 personnes en âge de travailler (de 20 à 64 ans).
  • Le rapport de dépendance des jeunes indique le nombre de personnes âgées de moins de 20 ans pour 100 personnes en âge de travailler. 

Les communes et centres ruraux connaissent également un recul particulièrement marqué du rapport de dépendance des jeunes, qui est passé de 40 à 37 % entre 2010 et 2024. Ce recul peut lui aussi entraîner des défis: sans arrivées en provenance d’autres régions ou de l’étranger, la population diminue et, à long terme, le marché du travail manque de relève qualifiée. Les grandes villes se distinguent elles aussi: contrairement aux autres types d’espaces, elles ont jusqu’ici été beaucoup moins touchées par le vieillissement de la population. L’une des principales raisons en est que les grandes villes offrent de nombreux emplois et places de formation et attirent ainsi la population en âge de travailler (voir le monitoring des régions consacré à l’emploi). L’immigration en provenance de l’étranger joue un rôle important. La forte demande de main-d’œuvre hautement qualifiée entraîne une immigration importante vers les grandes villes. 

Une diversité également au sein des types d’espaces

L’examen des différences entre types d’espaces ne doit toutefois pas faire oublier que la structure par âge peut aussi varier fortement au sein d’un même type d’espace.

Certaines villes sont ainsi fortement touchées par le vieillissement de la population. C’est le cas de Locarno, dont le rapport de dépendance des personnes âgées atteint 44 %, soit nettement plus que celui des autres villes (34 %) et que celui de l’ensemble de la Suisse (33 %). À l’inverse, il existe aussi des communes « jeunes » parmi les communes et centres ruraux. Le centre rural de Romont, dans le canton de Fribourg, en est un exemple. À Romont, le rapport de dépendance des personnes âgées s’élève à 23 %, ce qui est nettement inférieur à la moyenne de ce type d’espace. Parallèlement, le rapport de dépendance des jeunes, à 29 %, se situe lui aussi en dessous de la moyenne suisse. Romont se trouve entre Fribourg et Lausanne et bénéficie d’une bonne desserte (la commune est par exemple située sur la ligne CFF Lausanne-Berne). Romont est en outre un site industriel qui offre de nombreux emplois. La commune attire donc vraisemblablement de nombreuses personnes actives qui y travaillent, mais aussi des pendulaires qui apprécient à la fois le cadre rural et les bonnes liaisons avec les grandes villes. 

 Diversité des niveaux de formation selon les types d’espaces

Le niveau de formation constitue une autre dimension de la diversité sociale. Les personnes ayant suivi des parcours de formation différents et obtenu des qualifications différentes apportent des expériences, des compétences et des perspectives variées à la société et au monde du travail. Là aussi, des différences régionales marquées apparaissent. Dans les grandes villes, la part de la population titulaire d’un diplôme du degré tertiaire, c’est-à-dire d’une haute école universitaire ou d’une haute école spécialisée, est particulièrement élevée. Ces établissements sont en grande partie concentrés dans les grandes villes et attirent les étudiantes et étudiants. Les grandes villes accueillent en outre de nombreux emplois à forte intensité de savoir, qui attirent une main-d’œuvre hautement qualifiée.

Dans les communes et centres ruraux, c’est en revanche le degré secondaire II qui est le plus fortement représenté (p. ex. apprentissage, écoles de maturité et autres écoles de formation générale).

Encadré: l’Atlas de la Suisse

Pour évaluer de manière plus complète la diversité en Suisse, de nombreux autres indicateurs pourraient être pris en compte. La population est en effet diverse aussi du point de vue des traditions, des opinions politiques ou de la religion. L’Atlas de la Suisse de l’EPF de Zurich est un projet passionnant qui met en évidence la diversité de la Suisse et de ses types d’espaces. Plus de 400 cartes thématiques illustrent cette diversité.


Des différences visibles jusqu’à l’échelle des quartiers

À première vue, on pourrait penser qu’il existe un fossé entre ville et campagne en matière de niveau de formation. De nouvelles données de l’Office fédéral de la statistique montrent toute-fois qu’il existe aussi de très grandes différences de niveau de formation au sein même des villes et des communes. Ces nouvelles données de l’OFS permettent même d’observer le niveau de formation à l’échelle des quartiers. Un article de la RTS montre que la part des personnes diplômées d’une haute école est très élevée dans les centres des grandes villes: dans les quartiers centraux de villes comme Lausanne et Genève, la population est presque exclusi-vement titulaire d’un diplôme du degré tertiaire. Dans de nombreux quartiers périphériques, le niveau de formation est en revanche nettement plus bas. 

Le niveau de formation est lié au statut social, au revenu et donc aussi, par exemple, aux conditions de logement. Lorsque des personnes ayant un niveau de formation similaire s’établissent dans les mêmes quartiers, la question se pose de savoir dans quelle mesure les différents groupes sociaux échangent entre eux. Un article de la RTS montre que ces échanges restent encore insuffisants en Suisse. Ils seraient pourtant importants pour la cohésion de la société, afin de favoriser une compréhension commune pardelà les différences d’origine sociale. 

 

La Suisse, un pays plurilingue

Le plurilinguisme est une caractéristique essentielle de la Suisse. Il est aussi l’expression de la diversité culturelle de la population. 
L’OFS relève chaque année les langues principales. Est considérée comme langue principale la langue dans laquelle une personne pense et qu’elle maîtrise le mieux. Une personne peut indiquer plusieurs langues principales.

Encadré: les dialectes

Dans le relevé de l’OFS, les dialectes tels que le suisse allemand, le patois romand ou le dialecte tessinois ne sont pas recensés séparément. Une personne qui pense par exemple à la fois en allemand standard et en suisse allemand n’est attribuée statistiquement qu’à une seule langue principale. La diversité linguistique réelle est donc sans doute en partie encore plus grande que ce que montrent les données. La diversité des dialectes alémaniques en Suisse est présentée dans l’atlas des dialectes. Cet atlas montre comment le vocabulaire, la prononciation et la grammaire varient d’une région à l’autre et comment les dialectes alémaniques ont évolué au cours des dernières décennies.

C’est surtout dans les grandes villes que vivent de nombreuses personnes ayant deux langues principales ou plus (21 % de la population résidante en 2024). Cela reflète la diversité culturelle et linguistique des grandes villes. Dans les communes rurales, la part des personnes ayant plusieurs langues principales s’élève à 11 %. La diversité linguistique n’y est toutefois pas forcément moindre: si les dialectes étaient pris en compte dans les analyses, la diversité serait plus élevée aussi dans l’espace rural.

 
Remarque: comme mentionné, il ne s’agit pas ici des connaissances en langues étrangères, mais de la part des personnes qui utilisent au moins deux langues principales au quotidien.

Les langues principales de loin les plus répandues sont les trois langues nationales: l’allemand (61 %), le français (23 %) et l’italien (8 %). 0,4 % de la population indique le romanche comme langue principale. Parmi les autres langues principales fréquentes figurent l’anglais (6 %), le portugais (3 %), l’albanais (3 %) ainsi que l’espagnol (3 %). L’anglais, en particulier, présente des différences entre les types d’espaces: dans les grandes villes, la part des personnes ayant l’anglais comme langue principale est particulièrement élevée (12 %), alors qu’elle est nettement plus faible dans les communes et centres ruraux (4 %). Cela reflète l’arrivée de main-d’œuvre qualifiée internationale dans les grandes villes. Pour les autres langues non nationales comme le portugais, l’albanais ou l’espagnol, les différences entre types d’espaces sont faibles. Cela ne signifie toutefois pas que ces langues principales sont représentées dans les mêmes proportions partout en Suisse. Dans certaines communes, leur part est nettement plus élevée. C’est le cas des communes touristiques de Zermatt et de Saint-Moritz, où respectivement 21 % et 10 % de la population indiquent le portugais comme langue principale.

 

La cohésion malgré la diversité?

Les analyses qui précèdent montrent à quel point la Suisse est diverse, et ce aussi bien entre les types d’espaces qu’au sein de ceux-ci. Cette diversité est une force, mais elle peut aussi poser des défis. Les différents groupes de population et types d’espaces ont des expériences, des besoins et des perspectives différents. La cohésion sociale ne signifie donc pas que tout le monde est pareil. L’essentiel est plutôt que les différents groupes soient en contact les uns avec les autres, puissent faire valoir leurs intérêts et se considèrent comme partie intégrante de la société. La participation politique et le travail bénévole sont deux expressions de la cohésion sociale.  

 

Participation aux votations

La démocratie directe offre à la population suisse ayant le droit de vote de nombreuses possibilités de s’impliquer politiquement. Aux niveaux fédéral, cantonal et communal, les citoyennes et citoyens peuvent se prononcer sur des questions politiques. Lors des votations populaires fédérales de 2024, environ 73 % de la population âgée de 18 ans ou plus, à savoir les personnes de nationalité suisse, avaient le droit de vote. Le taux de participation varie d’une année à l’autre et dépend fortement des thèmes des objets soumis au vote. En 2024, il s’est établi à 48 % pour l’ensemble des votations fédérales. Autrement dit, environ une personne ayant le droit de vote sur deux se rend aux urnes. Les années précédentes, le taux de participation a oscillé entre 38 % en 2012 et 57 % en 2021. Selon le thème soumis au vote, l’intérêt de la population varie et le taux de participation est plus ou moins élevé à l’échelle de la Suisse. 

Des différences apparaissent aussi entre les types d’espaces : le graphique du baromètre DCT montre que, si le taux de participation dans l’espace rural se situe souvent environ un point de pourcentage en dessous de la moyenne suisse, les variations selon les thèmes sont plus importantes: la participation est tantôt légèrement plus élevée dans les grandes villes, tantôt dans les communes rurales. La participation politique est importante pour la cohésion sociale. Lorsque certains groupes sociaux ou types d’espaces participent durablement moins au processus politique, leurs intérêts risquent d’être moins bien pris en compte. Une large participation du corps électoral contribue au contraire à intégrer des perspectives différentes dans le processus politique. Des études montrent que la plupart des personnes ayant le droit de vote participent au moins occasionnellement aux votations.

 

Le bénévolat crée des liens

La cohésion sociale ne naît toutefois pas uniquement de la participation politique. Au quotidien aussi, les possibilités de s’engager pour la collectivité sont nombreuses. Contrairement aux votations, le travail bénévole est ouvert à toutes et à tous. Cette forme d’engagement est donc d’autant plus importante pour la cohésion de la société. 

Par le travail bénévole, des personnes s’engagent par exemple dans des associations, rendent des services de voisinage ou prennent soin de leurs proches. Des générations différentes et des personnes de niveaux de formation ou de langues différents se rencontrent ainsi. Les Nations Unies soulignent elles aussi la valeur du bénévolat : 2026 est l’Année internationale des volontaires. La contribution des bénévoles à la société et à l’économie est ainsi mise en avant dans le monde entier.
À l’échelle suisse, environ 39 % de la population effectue du travail bénévole organisé ou informel. 

Encadré: travail bénévole organisé et travail bénévole informel

  • Le travail bénévole organisé s’exerce dans des associations, des organisations ou des institutions publiques (p. ex. centres pour personnes âgées). On parle aussi de travail bénévole institutionnalisé ou formel.
  • Le travail bénévole informel comprend notamment l’aide de voisinage, la garde d’enfants, la fourniture de services ainsi que les soins et l’accompagnement de parents et de connaissances qui ne vivent pas dans le même ménage. 

C’est dans les communes rurales que l’engagement bénévole est de loin le plus élevé. 50 % de la population y effectue du travail bénévole: 27 % du travail bénévole organisé et 32 % du travail bénévole informel. Une partie de la population s’engage d’ailleurs à double titre, à la fois dans des associations ou des organisations et de manière informelle. Diverses études montrent que la densité associative est particulièrement élevée dans les communes rurales. Par rapport aux grandes villes et aux villes, les tâches communales, les services sociaux ainsi que les offres d’accompagnement, de sport et de loisirs y sont en outre plus souvent assurés par des bénévoles (Bürgi et al. 2023, Ladner et Haus 2021, Kriesi et Baglioni 2003). À cela s’ajoute le fait que 46 % des seniors, soit près de la moitié d’entre eux, effectuent du travail bénévole. Tous ces éléments expliquent le fort engagement observé dans les communes rurales. 

Pour en savoir plus sur le bénévolat

  • Dans le cadre de l’Observatoire du bénévolat en Suisse (Freiwilligen-Monitor), la Société suisse d’utilité publique (SSUP) recueille régulièrement des chiffres et des faits sur le bénévolat en Suisse. L’Observatoire montre comment et pourquoi des personnes s’engagent bénévolement pour autrui. Voir l'édition 2025.
  • Dans le cadre du monitoring des régions, regiosuisse publiera prochainement un article consacré au travail bénévole. Il abordera les questions suivantes: quel rôle le travail bénévole joue-t-il dans les différents types d’espaces de la Suisse? Quels groupes de population effectuent du travail bénévole?

 

Conclusion

L’examen de la structure par âge, de la formation et de la langue montre à quel point la Suisse et ses types d’espaces sont divers. Il apparaît en même temps que les différences n’existent pas seulement entre les types d’espaces: la diversité est au moins aussi grande au sein même des quartiers, des communes et des types d’espaces. Pour la cohésion de la société, il est important que des personnes et des groupes différents entrent en contact, puissent faire valoir leurs points de vue et que des espaces communs d’échange voient le jour. La participation politique et le travail bénévole en sont deux exemples. Ils offrent des possibilités de s’impliquer, d’échanger et d’assumer des responsabilités pour la collectivité. Dans une société diverse, de telles possibilités de rencontre et de participation sont particulièrement importantes. Nos analyses montrent que ces éléments de cohésion sont présents dans tous les types d’espaces, le travail bénévole étant nettement plus répandu dans l’espace rural.

 

Pistes de réflexion pour la discussion:

  • Quelles nouvelles formes de collaboration entre «ville» et «campagne» sont nécessaires et pertinentes aux niveaux local et régional? 
  • Comment mettre en valeur la diversité culturelle dans des contextes où les moyens sont limités?
  • Quels défis découlent des évolutions différentes des types d’espaces, en particulier en ce qui concerne la structure par âge? Comment faire face au vieillissement de la population dans les communes rurales?
  • Quelle importance la cohésion sociale a-t-elle encore aujourd’hui? Qui entend quoi exactement par cette notion (cohésion entre types d’espaces, entre groupes démographiques et entre personnes de langues, de cultures, de nationalités, de parcours de formation et professionnels ou de possibilités économiques différents, etc.)? 
  • Comment favoriser les rencontres entre les différents types d’espaces et groupes de population?
  • Comment promouvoir durablement la cohésion sociale dans une Suisse diverse?
  • Quel rôle revient aux pouvoirs publics, et à quel niveau? Les politiques fédérales devraient-elles tenir davantage ou moins compte de ces réflexions à l’avenir lorsqu’elles font évoluer leurs stratégies et leurs instruments?

Le baromètre DCT

Le présent article a été rédigé dans le cadre du baromètre DCT par le SECO et l'ARE. À l’aide d’une sélection restreinte d’indicateurs, le baromètre DCT met en évidence les principales tendances du développement territorial de la Suisse. Il s’appuie sur les cinq objectifs de la politique des agglomérations (AggloPol) et de la politique pour les espaces ruraux et les régions de montagne (PERM). Ces deux politiques, associées au plan d’action commun, constituent la contribution de la Confédération à un développement cohérent du territoire.

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